Cette page explique comment nous écrivons un raisonnement — les balises que la machine pose sur un texte, les signes qui relient une cause à son effet, et la manière dont un lien gagne en force à mesure qu'on le travaille. Ce n'est pas une grammaire décorative : chaque marque a été tranchée pour résoudre un problème précis, et la page ne dit que ce qui l'a été.
Elle prolonge les volets déjà publiés : la pile argumentaire SBDFMS/APA/S (comment structurer un débat), l'Index de Transcription Pseudo-légale (comment lire la presse sans la posséder) et le modèle de Pression Sociale (comment peser les événements).
Le sigle nomme six couches, de la plus brute à la plus construite. Elles forment l'ossature de toute démonstration.
| Couche | Ce qu'elle est |
|---|---|
| Source | le document d'origine — l'article, la loi, la vidéo. On ne le possède pas : on le référence. |
| Bib | l'extrait contextuel qui pointe la source à un endroit précis (page, paragraphe, timestamp), en citation verbatim. C'est la bibliographie en notation scientifique. |
| Définition | le verrou sémantique : la définition posée avant d'expliquer, ou le choix, entre plusieurs sens possibles, de celui qui s'applique. |
| Fait | une affirmation vérifiable, découpée du texte. Elle affirme ; elle ne démontre pas. |
| Méca | un mécanisme : une seule déduction logique. S'il y en a deux, on subdivise en deux mécas. |
| Systm | un système : un mécanisme qui en contient d'autres. |
Un méca a des entrées (les faits de cause), sa logique, et des sorties (les effets). Une sortie sert souvent de titre au méca.
Le but les enrôle. Au-dessus des couches vivent le but (la visée commune), les propositions faites pour l'atteindre, et les arguments — un argument étant une pile complète : source, bib, définition, méca, système.
La définition et la bib ne se réinterprètent pas ici : leur définition canonique est celle de biblio-argument.php, et elle est stricte.
Quand un texte entre dans le système, il est découpé en unités. Chaque unité reçoit une balise, posée juste après le passage qu'elle désigne.
F — un fait.M — une logique (un méca).Tant que l'unité n'est pas postée, sa balise est nue : F, M. Une fois postée, elle porte son numéro : F#12, M#7. C'est la seule différence entre les deux états — il n'y en a aucune autre.
Un fait porte un drapeau qui dit s'il demande une vérification :
ok — banalité de connaissance : rien à vérifier.v? — à vérifier. Obligatoire quand le fait est présenté comme nouveau, quand il remet en cause l'état des choses, ou quand il se donne pour un facteur majeur ou essentiel.La balise s'écrit alors F#12·v?.
Un méca peut lui aussi porter v?. Quand un modèle a jugé qu'un passage est une logique mais qu'aucun marqueur de conclusion ne le confirme, le méca reste un méca et reçoit ·v? — « logique à vérifier ». On signale ; on ne requalifie pas. La reformulation du modèle se marque, elle ne s'écrase pas.
Ce que la découpe retire de l'analyse — le remplissage nommé (« par ailleurs », « en effet », seuls sur leur phrase), ou un passage que le modèle a lui-même écarté — n'est pas effacé du texte : il apparaît barré, à sa place.
La même marque vaut pour ce qu'un humain écarte à la main. Ce qui compte pour le lecteur, ce n'est pas qui a retiré : c'est que le passage ne compte plus.
Le texte n'est jamais coupé. C'est la prose de l'auteur — on la barre.
< et >Les signes du lien sont < et > — le plus petit ou le plus grand. Un lien de cause à effet est orienté, et le signe l'écrit par ses deux côtés.
Ce qui est du côté grand est la cause ; ce qui est du côté petit en est la conséquence. Un même lien s'écrit donc dans les deux sens : F#4 <B#12 et B#12> F#4 disent la même chose — la bib 12 fonde le fait 4.
L'exemple canonique :
F#1>, c'est bientôt l'été M#1>1F#1> — le fait est du côté grand : il est cause, il alimente le lien ;M#1>1 — le méca est du côté grand et sa sortie n° 1 du côté petit : la phrase écrite est cette sortie, et elle sert de titre au méca ;M#1>x, et la machine remplace x par le prochain index libre ;C'est l'inverse exact d'une requalification : au lieu de nier le tacite, on le représente.
Justifier un fait ou un méca, c'est le même signe : la référence qui fonde est du côté grand, l'objet justifié du côté petit.
F#4 <B#12 — le fait 4, fondé par la bib 12M#2 <M#7 — le méca 2, justifié par la démonstration du méca 7
Réutiliser un méca externe « de base » dans un cas particulier s'écrit méca-trans : le méca transposé porte la référence de son méca d'origine. La brique réutilisée n'est jamais re-litigée.
Un méca d'une réponse peut prendre ses entrées dans le poste précédent — réfutation, appui, conséquence, d'un intervenant à l'autre.
Le signe orienté se double et se triple selon la force du lien.
| Signe | Force | Quand |
|---|---|---|
>? | douteux | douteux à première vue |
> | simple — non digéré | un passage cité « qui semble coller », sans démonstration ; les exemples, toujours ; ce qu'on importe et « qui colle en gros » |
>> | double — nécessaire | le lien fait partie de la chaîne : l'élément concourt réellement à la preuve, au moins de manière partielle |
>>> | triple — suffisant | le fait, le méca ou la chaîne de faits suffisants à prouver |
La force se lit quel que soit le sens d'écriture : <, <<, <<< portent les mêmes forces.
Un élément peut concourir à plusieurs mécas, et pas qu'une seule fois. Aucune restriction.
Trois visuels seulement. Les autres découlent du fait qu'il y a, disponibles dans le contexte direct, d'autres faits, mécas ou exemples avec les mêmes fonctions de preuve — donc dont les sorties sont identiques. Dans ce cas, c'est le rôle qui est indispensable ou suffisant, pas l'individu ; et cela se calcule, ce n'est pas un signe de plus.
Au début, on importe : on pose la chose avec des liens simples. C'est une étape d'adaptation de ce qu'on veut inclure. Une fois les liens exacts identifiés et élaborés, le signe se durcit — >>, puis >>> quand la chaîne prouve.
La gradation du signe est l'échelle de digestion, rendue visible.
Une chaîne probante s'écrit en ligne : les membres collés se groupent entre parenthèses, séparés par des virgules, chacun portant son propre signe de force ; le bloc porte sa sortie triple vers ce qu'il prouve.
(F#2>>,F#3>>,F#5>>)>>>M#2Cette chaîne prouve le méca 2. Et elle équivaut, dictée noir sur blanc, à :
(F#2>>,F#3>>,F#5>>)>>>M#2 = (F#2>>M#2,F#3>>M#2,F#5>>M#2)>>>M#2À l'intérieur du bloc, un signe sans cible hérite la cible de la sortie : chaque membre est individuellement nécessaire au méca 2, et c'est l'ensemble qui est suffisant. Chacun nécessaire, ensemble suffisants — la définition même d'une chaîne probante.
< ou >. »La validation ne se pose pas sur l'unité : elle se pose sur le lien, empilée au-dessus du signe. Deux mains, lisibles séparément.
| Côté machine | Côté humain |
|---|---|
| (rien) — pas encore demandé | (rien) — personne ne s'est prononcé |
ai:ok | h:ok — validé de main d'homme |
ai:non | h:non — rejeté |
ai:? — flou, non conclusif, ou vaste choix | h:? — pas convaincu |
Le non-validé ne s'écrit pas : rien.
Le ai:? n'est jamais sec. Quand la machine rend ?, elle rend un mini-rapport en cinq points : les questions majeures, « mais pas toutes dans le même tunnel thématique » — cinq angles différents permettant d'avancer. Le doute de la machine est un doute qui travaille : il dit par où reprendre.
La vérification se demande — à l'IA ou à des humains : une chaîne s'envoie, revient jugée.
Un exemple porte toujours un signe simple, et il se dirige vers ce qu'il illustre par la cible nommée :
>M#2Deux choses à ne pas confondre :
Cela vaut aussi pour les mécas et les systèmes : dans une grande démonstration à mécas imbriqués, l'auteur choisit que tel méca se présentera replié.
Rien ne s'écrase. L'implicite est un état de présentation, pas une suppression.
Gris = suggéré par l'IA, pas encore confirmé par un humain. Dans la prose comme dans l'arborescence.
Le gris ne dit pas le statut en base.
Tout dépôt humain naît « proposé » : griser tout ce qui est proposé peindrait tout en gris, et le gris ne distinguerait plus rien. Il est réservé à la voix de la machine, et un geste humain le fait passer aux couleurs pleines.
Et l'arborescence n'est pas un réceptacle : c'est simplement une autre vue de ce qui est dans la vue prose. Les deux vues ne divergent jamais.
D'où deux voies de validation d'un fait — et, par extension, d'un méca :
C'est la même idée que la digestion : citer n'est pas démontrer.
Cette page documente la doctrine consignée. Elle n'en invente aucune.
TCollectif : essais, documentation et outillage. Espace citoyen gratuit : la-commune-2-point-zero.org.
Contact technique : yannick.mandaba@geomanet.com · Mentions légales · Confidentialité & données
Œuvre propriétaire — Tous droits réservés. Copyright © 2024-2026 Yannick Mandaba-Masseron — SafeZone FPV™. Aucun usage, reproduction, distribution, modification, traduction, ingénierie inverse, exécution publique, intégration ou travail dérivé sans accord écrit préalable du titulaire.
Les termes HUSCI, Action RIC, La Commune Légiférante, GeoMANET, La Commune 2.0, M.S.Y. (Manet Secure You), ainsi que les logos, sigles, emblèmes, chartes graphiques, signatures éditoriales, intitulés de programmes et labels organisationnels, sont des désignations propriétaires réservées de SafeZone FPV™.
Demandes (collaboration, licences, signalements) : ip@safezone-fpv.com.