Politique ou privé : ce que nous demandons, et à qui
Un parti, un club, une association et une entreprise n'ont pas les mêmes besoins de discrétion. Nous ne leur demandons donc pas la même chose. Cette page expose le modèle entier : qui doit se nommer, à quel moment, et ce que nos serveurs ne sauront jamais.
Ce que nous ne saurons pas
Nous ne voulons pas connaître les allégeances politiques des gens. Un membre d'une formation politique entre par sa clé : sans compte, sans courriel, sans nom. Il n'existe chez nous aucun annuaire central des appartenances politiques, et nous ne cherchons pas à en constituer un.
En contrepartie, nous ne pouvons pas garantir, à la place d'une organisation, que ses propres membres sont bien des personnes distinctes. Nous ne garantissons l'unicité que pour une seule chose : le vote de la nation.
Trois régimes
La question « faut-il prouver qui l'on est ? » n'a pas une réponse mais trois, selon ce qui est en jeu.
Demander à quelqu'un de prouver son unicité pour rejoindre un club de réflexion serait hors de proportion. L'exiger pour voter au nom d'une nation ne l'est pas. Entre les deux, les campagnes politiques : elles délibèrent, elles élisent leurs responsables, et c'est à elles de savoir si leurs membres sont uniques — pas à leur hébergeur.
Tout ne se prouve pas de la même façon
Il existe des degrés entre « je dis qui je suis » et « c'est établi ». Nous les classons par force, du plus solide au plus faible.
| Niveau | Ce qu'il établit |
|---|---|
| Le scellé communal | Le maximum. Déposé à la mairie, gardé par les citoyens. Nous ne savons pas qui vous êtes ; la commune, elle, en répond. |
| Un dépôt chez une autorité | Ce qui compte n'est pas que quelqu'un sache : c'est que ce soit une autorité, et pas nous. |
| Une pièce d'identité | Une personne nommée. Aucune garantie d'unicité pour autant. |
| Une facture d'eau ou d'électricité à son nom, un bail | Un domicile attaché à un nom. |
| Un numéro de téléphone | Un peu d'unicité. Pas une preuve. |
| Une adresse de courriel | Ce n'est pas un niveau d'unicité. Au mieux l'indice qu'une personne réelle existe. |
Le partage se fait entre les deux premiers et les quatre suivants : au-dessus, votre identité est détenue ailleurs que chez nous. En dessous, c'est nous qui la détenons. Pour qui milite, cette différence est la seule qui compte.
La règle du coffre partagé
Un espace chiffré à l'intérieur d'une campagne est comme une campagne dans la campagne. Dès que plusieurs personnes peuvent s'y retrouver à l'abri de tout regard, quelqu'un doit en répondre — et la campagne doit savoir qui.
Mais la règle serait absurde si elle comptait les lecteurs : un simple message entre deux personnes deviendrait un espace collectif.
Le critère ne dépend donc ni du grade de la personne, ni du type de campagne. Il tient en une question : combien de personnes détiennent la clé de ce coffre ? Une seule : rien n'est demandé. Plusieurs : la campagne connaît la personne qui en répond. Cette identité reste dans le dossier privé de la campagne ; elle n'est ni publiée, ni versée dans un fichier central.
Sceller un dépôt sans remettre les clés à personne
Protéger des documents suppose de les déposer quelque part. Or tout dépôt classique a le même défaut : un tiers unique peut l'ouvrir. Un coffre loué dans une banque est nominatif et déclaré, et il s'ouvre sur réquisition. Un dépôt chez un notaire est juridiquement plus solide, mais le notaire peut ouvrir.
D'où le principe que nous retenons : le secret est découpé en plusieurs parts, et aucun détenteur seul ne peut ouvrir. C'est le coffre qui exige que plusieurs personnes se présentent ensemble — sans banque, sans notaire, et sans serrure à percer. Le procédé est utilisé pour de vraies élections, où plusieurs autorités détiennent chacune une part et doivent les réunir pour dépouiller.
| Pour | Ce que nous retenons |
|---|---|
| Le vote de la nation | Le scellé communal, gardé par les citoyens. |
| Une formation politique | Les parts, et elles seules. Aucun tiers extérieur ne doit être nécessaire pour ouvrir : un tiers indispensable est un point unique sur lequel on peut peser. |
| Le privé | Les parts également. Un notaire peut en porter une et la remettre lorsque des conditions sont réunies — il fait alors appliquer un statut, il ne garde pas le secret. Une solution bancaire sur le modèle du crédit documentaire est à l'étude. |
Qui donne quoi, concrètement
- 🗝️Le membre d'une formation politiqueSa clé. Ni compte, ni courriel, ni nom. S'il ouvre un espace où d'autres le rejoignent, la campagne lui demande alors de se faire connaître d'elle.
- 📇Le propriétaire d'une campagneUne pièce d'identité. C'est lui qui répond de ce qui se passe chez lui, et quiconque entre dans sa campagne a le droit de savoir qui il est.
- 🏛️Qui veut voter au nom de la nationSon scellé, pas son nom. La commune en répond ; nous ne savons toujours pas qui il est.
Par défaut, les informations présentées sont celles du propriétaire de campagne : le siège de la campagne et son nom. Chaque campagne décide ensuite de ce qu'elle demande à ses membres — pseudonyme seul, identité vérifiée en privé, ou identité affichée. Vérifier une identité et l'afficher sont deux choix différents.
Où nous en sommes
L'entrée par clé sans compte ni courriel. Les coffres chiffrés et leurs invitations. Le cadre d'admission réglable par campagne, et la règle du responsable identifié pour un espace collectif.
Les trois régimes. L'échelle ci-dessus. La règle du coffre partagé. Le dépôt en plusieurs parts, pour le politique comme pour le privé.
Le scellé communal et son dépôt en mairie. Le nombre de parts et combien suffisent à ouvrir. La solution bancaire sur modèle de crédit documentaire. Plusieurs options sont à l'étude.
Dans la Veille territoriale telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, les messages et fichiers de terrain sont reçus en clair par le serveur. Leurs accès sont contrôlés, mais ce parcours n'offre pas de chiffrement de bout en bout.